Tannage végétal

Jadis, les anciens savaient déjà qu’il suffisait d’immerger les peaux dans des bains saturés en substances végétales pour les rendre imputrescibles. Aujourd’hui, malgré les nombreux progrès et découvertes réalisés, cette technique se pratique encore. Bien sûr les temps de macération se sont considérablement réduits et, s’il fallait autrefois jusqu’à deux ans pour tanner certaines peaux, depuis quelques jours suffisent aujourd’hui pour obtenir un résultat identique. L’utilisation de poudres concentrées en extraits de quebracho ou de mimosa plutôt que les traditionnels écorces de chêne accélère en effet l’action du tanin. Tout comme le recours à des foulons rotatifs à la place des fosses et des cuves.

C’est pour éviter l’usage de métaux lourds, le chrome en particulier. Plus rigide, plus ferme et très résistant, le cuir « végétal » présente une bonne tenue et une meilleure absorption de l’humidité. Ce qui en fait une matière idéale pour les vêtements de protection, comme les tabliers de forgeron d’autrefois, les objets moulés - les étuis d’armes de poing - , les accessoires de sellerie, de chasse et d’équitation, les semelles extérieures et intérieures de chaussures, les ceintures et la maroquinerie.

Mais les particularités de ce tannage sont aussi physiques et esthétiques. Recherché pour son authenticité, il est souvent moins couvert et moins pigmenté, ce qui valorise encore son toucher très « rond » et sensuel. Et sa faible stabilité aux rayons ultra violets reste sans doute sa plus grande singularité. Naturellement beige rosâtre, il fonce à la lumière du jour et évolue vers les bruns au fur et à mesure de son vieillissement. C’est cette patine qui fait vraiment tout le charme du cuir dit végétal.

Longtemps détrôné par les qualités « au chrome » pour leur souplesse hors pair, le cuir végétal semble revenir dans l’estime des consommateurs.

L’ écorçage du chêne.

Moulin à tan.

A l’abattoir, on sépare la peau de la carcasse. Chaque peau est classée en fonction de ses qualités et de ses défauts. Elle est appelée « peau fraîche ».

L’usine.

La peau est salée ou séchée pour être conservée. Elle est appelée à ce stade : peau brute.

La trempe a pour but de ré-humidifier la peau salée ou séchée et éliminer les produits de conservation et souillures. L’épilage-pelanage élimine chimiquement les poils et l’épiderme, par frottement ou rinçage.

L’ « écharnage » enlève mécaniquement les restes de chair et de graisse.
Le « déchaulage » complète le travail de rivière et prépare au tannage en neutralisant la peau.

Atelier de débordage manuel.

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L’ébourrage
Opération mécanique qui consiste à éliminer les poils relâchés par le pelanage.

Epilage manuel.

Echauffe à la vapeur

Le tannage
Opération destinée à transformer la peau en cuir par une solution d’agents tannants (tanins), ce qui la rend imputrescible. Bien sûr les temps de macération se sont considérablement réduits et, s’il fallait autrefois jusqu’à deux ans pour tanner certaines peaux, depuis quelques jours suffisent aujourd’hui pour obtenir un résultat identique. L’utilisation de poudres concentrées en extraits de quebracho ou de mimosa plutôt que les traditionnels écorces de chêne accélère en effet l’action du tannin. Tout comme le recours à des foulons rotatifs à la place des fosses et des cuves. Le type de tannin utilisé caractérise le cuir obtenu : sels de chrome (les plus utilisés) ou tanins végétaux
Le cuir simplement tanné est classé par niveau de choix. Il est parfois commercialisé à ce stade.

Mise en fosse des croupons

Mise en tannin.

Le travail dans le fosses.

Après essorage, le cuir est étiré par la mise au vent.
Le séchage se fait par circulation d’air chaud dans des séchoirs ou sous vide.

Trie des croupons après la sèche.

Le corroyage et finissage transforme le cuir fini.
La mise à l’épaisseur est obtenue par le refendage : le dessus pour la fleur et le dessous la croûte.

Le buttage des cuirs

Le dérayage permet d’affiner l’épaisseur des fleurs et des croûtes.
Couleur, toucher et souplesse sont apportés par le retannage, la teinture et la nourriture.

Le cuir séché est assoupli par le palissonnage

Marteau à battre les cuirs à semelle

Atelier de finition.
Le ponçage donne des cuirs velours ou nubucks ou fleur corrigée
Le finissage peut se faire selon deux techniques : le pistolétade par pulvérisation sot au rouleau
Le satinage donne une surface lisse par pressage du cuir contre une plaque lisse chauffée
L’impression ou grainage donne au cuir un relief spécial en imitant la peau de certains animaux (reptiles par exemple) ou celle de l’animal d’origine

Les cuirs sont enfin fini et sont prêt à être expédié depuis le magasin de l’usine.